Wissensdonnerstag #5 : automatique ou remontage manuel, quelle différence ?
Les montres automatiques et à remontage manuel fonctionnent toutes deux sans pile et font partie des mouvements mécaniques. Dans les deux cas, c'est un ressort de barillet armé qui entraîne le mouvement. La différence réside uniquement dans la manière dont ce ressort est armé.
L'essentiel en bref
- La montre automatique se remonte d'elle-même lorsqu'elle est portée. Un rotor exploite les mouvements du poignet.
- La montre à remontage manuel s'arme par la couronne. Le plus souvent une fois par jour, moins souvent selon la réserve de marche.
- Toutes deux s'arrêtent lorsque l'énergie est épuisée. La durée de fonctionnement dépend de la réserve de marche.
Le fonctionnement d'une montre automatique
À l'intérieur d'une montre automatique se trouve un rotor, une masse oscillante en forme de demi-cercle. Elle tourne à chaque mouvement du poignet et arme le ressort de barillet par l'intermédiaire d'un rouage. Portée régulièrement, la montre s'alimente pratiquement seule en énergie. Une bride glissante empêche le ressort d'être armé à l'excès.
Lorsque la montre est posée, elle continue de fonctionner aussi longtemps que sa réserve de marche le permet. Pour les calibres actuels, cela représente souvent deux à trois jours. Celui qui possède plusieurs montres automatiques et les porte en alternance utilise souvent un remontoir.
Le fonctionnement du remontage manuel
Le remontage manuel se passe de rotor. Le ressort de barillet est armé par la couronne, que l'on tourne entre le pouce et l'index. Lorsque le ressort est entièrement armé, on sent une résistance. À ce moment au plus tard, il faut s'arrêter et ne plus tourner.
Pourquoi des amateurs d'horlogerie choisissent-ils malgré tout délibérément le remontage manuel ? Sans rotor, le mouvement est généralement plus plat et la vue à travers le fond transparent est dégagée. Ponts, roues et balancier sont exposés. Et pour beaucoup, le remontage quotidien fait tout simplement partie du rituel d'une montre mécanique.
Un bref regard sur l'histoire
Le remontage manuel est la construction la plus ancienne. Les montres de poche et les premières montres-bracelets se remontaient exclusivement à la main. Dans les années 1920, l'Anglais John Harwood a fait breveter une montre-bracelet à remontage automatique. En 1931, Rolex a présenté avec le rotor Perpetual une construction dont la masse oscillante à rotation libre détermine aujourd'hui encore le principe des mouvements automatiques modernes.
Quelle construction pour quel porteur ?
Celui qui porte une montre tous les jours et ne souhaite se soucier de rien est bien conseillé avec une automatique. Celui qui possède plusieurs montres et les porte en alternance doit, avec les deux constructions, les remonter et les régler à nouveau après quelques jours. Le remontage manuel s'adresse à tous ceux qui veulent vivre la mécanique de manière consciente. C'est particulièrement vrai pour les collectionneurs de chronographes classiques, pour lesquels le remontage manuel fait partie de l'histoire.
La réserve de marche
Pour les deux constructions, une règle s'applique : lorsque l'énergie du ressort de barillet est épuisée, la montre s'arrête jusqu'à ce qu'elle soit remontée. La réserve de marche indique combien de temps un mouvement entièrement remonté fonctionne. Certaines montres l'affichent sur le cadran, par exemple la Patek Philippe 5147G avec son indicateur de réserve de marche.
Exemples de notre sélection
L'Omega Speedmaster Moonwatch Professional est l'exemple le plus connu de remontage manuel. Son calibre 3861 offre environ 50 heures de réserve de marche. Lors des missions Apollo aussi, la Speedmaster était un chronographe à remontage manuel.
La Rolex Submariner Date 126610LN fonctionne en revanche de manière automatique. Son calibre 3235 atteint environ 70 heures de réserve de marche, soit un week-end entier sur la table de chevet.
D'autres modèles vous attendent dans nos collections Montres à remontage manuel et Montres automatiques.
Questions fréquentes (FAQ)
Peut-on remonter une montre automatique à la main ?
Pour la plupart des calibres automatiques, oui, par la couronne. C'est surtout utile lorsque la montre s'est arrêtée. Le rotor prend ensuite le relais.
Peut-on trop remonter une montre à remontage manuel ?
Non, si l'on s'arrête dès que la résistance se fait sentir. Forcer au-delà peut toutefois endommager le mouvement.
Quelle construction est la plus fiable ?
Les deux constructions sont aussi fiables l'une que l'autre. Ce qui compte, c'est une révision régulière, comme nous le décrivons dans l'article Montre mécanique ou smartwatch.
Conclusion
L'automatique est plus pratique, le remontage manuel plus authentique. Celui qui porte sa montre tous les jours ne remarquera guère la différence. Celui qui apprécie le rituel du remontage ou la vue dégagée sur le mouvement trouvera dans le remontage manuel la mécanique la plus sincère.
Le Wissensdonnerstag (« le jeudi du savoir ») paraît chaque semaine sur Instagram et Facebook. Dans notre magazine horloger, vous retrouvez chaque épisode de manière plus détaillée, avec le contexte, des exemples de notre sélection et les questions les plus fréquentes.


































